ALICE 2067, Another World by Bob Decoster – « prologue »

 

PROLOGUE

 Mardi 6 décembre 2067, 1 an après la catastrophe

Il faisait déjà dix-huit degrés à huit heures du matin. « Rich » se prépara, comme chaque matin, un petit café agrémenté du dernier paquet de petits sablés belges au goût de cannelle et de miel qu’il venait de retrouver dans la doublure de son sac à dos.

Richard de Beauharnais était le directeur des parcs nationaux australiens, un ancien capitaine des Forces spéciales. Tout le monde continuait à l’appeler « Rich ». Son regard se noya au loin sur la ‘Katherine River’ encore endormie du nord de l’Australie. Il se remémora les circonstances qui l’avaient amené ici, avec son équipe de soigneurs animaliers, à Katherine Town, la nouvelle capitale de l’Australie qui compte près de soixante-quinze mille habitants, contingents militaires inclus.

Un an, jour pour jour depuis le cataclysme. L’année 2067 était la première d’une nouvelle ère post-apocalyptique. Avec ironie, Rich se dit que l’Homme n’était pas responsable de la disparition d’une partie du monde, ce 6 décembre 2066.

La Terre avait été percutée par la météorite ANUBIS avec toutes les conséquences que cela comportait. Emily, sa fille, prenait son petit déjeuner près de lui :

« J’ai encore faim, c’est fou ! C’est le dernier sachet de chocolat en poudre, déjà qu’il n’y a plus de lait ! Comment va-t-on faire maintenant ? » demanda-t-elle à Rich qui ne lui répondit pas. D’un geste énergique de la main, il lui fit signe de refermer les deux premiers boutons de sa veste de treillis. Qu’aurait-il pu dire en de pareilles circonstances ? « Nous venons de traverser une période de chaos où des millions de gens sont morts, et elle ne pense qu’à son ventre ! Parfois les jeunes peuvent être surprenants. Laissons-lui le temps encore de profiter de moments d’insouciance », continuait à penser Rich, sans l’extérioriser.

« Ces événements ont déclenché en lui son syndrome post-traumatique de survivant de la Guerre du Timor, ou alors ses nouveaux pouvoirs surnaturels de Shaman l’empêcheraient de communiquer », se demandait Emily. « Il ne parle presque plus. Déjà qu’il n’était pas très communicatif avant ! »

Emy prenait son mal en patience depuis quelques mois, s’inquiétait pour lui. Rich avait fini de déjeuner, il était parti se changer. Emy se pencha sur le sac à dos entrouvert sous la table du coin cuisine, et constata qu’il contenait des carnets de missions de couleur noire.

« Ce sont mes notes ! » lui répondait-il à chaque fois qu’elle le questionnait. Elle était piquée par la curiosité. « Papa sera absent pour la journée, c’est le moment de découvrir ce qu’il a écrit », se dit-elle. « Pourquoi me le cacher ? ».

D’un geste rapide de la main, elle prit celui du dessus et commença à le feuilleter rapidement, de peur de se faire surprendre. Emy constata que le carnet de Rich comportait des chapitres écrits par son père, et des retranscriptions de ses compagnons d’armes.

Un véhicule militaire s’avança dans l’allée. Le lieutenant Jess en sortit puis attendit dehors. Ce matin, Rich devait rejoindre les officiels au Bureau de Campagne du gouverneur général des nouveaux États Réunis d’Australie à Katherine Town. C’est le grand jour ! Emy avait encore le temps, son véhicule ne partirait que plus tard dans la soirée pour le Palais avec les « Blackshadows Commandos ».

Rich avait quitté son habituel treillis et chapeau de brousse pour revêtir un uniforme d’apparat. Tout en cachant le journal sous la table d’une main, elle fit à son papa une bise sur la joue puis salua le lieutenant Jess d’un geste amical, de l’autre main, par la fenêtre.

Le véhicule militaire s’éloigna. Une traînée de poussière de terre rouge de l’outback s’éleva dans les airs.

Rich avait oublié cette fois-ci de reprendre son sac. C’était bien la première fois. Il fallait en profiter. Emy fouilla le sac et trouva les carnets de missions des membres des Blackshadows.

Elle venait de réaliser. Rich, petit à petit, intégrait, dans son carnet, des chapitres écrits par ses hommes. Probablement une ébauche d’un futur livre sur les aventures des Blackshadows racontées par plusieurs personnes du groupe successivement.

Fidèlement, à chaque chapitre, Rich notait le nom du Blackshadow (ou de la personne qui lui avait raconté ses aventures), suivi de son récit. Le plus intrigant, c’était que le lieutenant Jess lui avait aussi donné son carnet de missions ! Il ne faisait pourtant pas partie de son équipe de commandos, il y a un an.

Rich l’avait finalement intégré à son équipe. Son carnet en était la preuve. Ce n’était pas étonnant compte tenu de ce qu’ils avaient vécu ensemble : des événements avaient eu lieu en différents endroits de l’Australie ; Rich avait été malade, absent de nombreuses semaines. Il ne pouvait pas être présent sur tous les théâtres d’opérations.

De plus, plusieurs points de vue des faits permettaient d’avoir une vision plus fidèle des événements passés.

Emy ne savait toujours pas depuis quand Rich avait pu commencer à écrire. Impatiente, elle reprit le petit carnet de Rich et commença sa lecture au ‘Chapitre Premier’ qui débute un an plus tôt, le jeudi 6 janvier 2067.

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s